Le mot de Fatima

نسابق الريح و نشتهي القمر
ننظُمُ الأشعار و نلتهم الحلم
نعاتب الأيام التي لم تكن
نسترجع ذكريات آتية
و نحسبها حنيناً لغدٍ لم يحن

نغني للعائدين
من رحلة الهوى
نسليهم من تعب السفر
تراهم يملون من الضجر
و يعودون لرحلات أخر

أنا و أنت نحبك القصص
و نرويها ليلا على ميؤوسي الهوى
نربط شرائطاً من ألوان قزح
نعلقها على أسوار المدن الحزينة

نقبض على جمر قلوب
فتغدو غديرا فياضاً بالأمل

ليتنا نكُفُّ!
ليتَ الحلمَ ينتهي
و نُنْهي القصص

Traduction:
Nous courrons après le vent et désirons la lune
Composons des vers et dévorons les rêves
Nous faisons des reproches aux jours qui n’ont pas encore eu lieu
Et remémorons des souvenirs futurs
Que nous prenons pour une nostalgie du lendemain

Nous chantons pour ceux qui reviennent des histoires d’amour
Et allégeons leur peine du voyage
Puis, Las de leur ennui
Retournent à d’autres histoires

Toi et moi filons des histoires
Que nous racontons la nuit aux désespérés d’amour
Nous nouons des rubans aux couleurs de l’arc-en-ciel
Sur les murs des villes tristes
Nous tenons en nos mains des cœurs en flamme
Qui se transforment en fleuves d’espoir

Pourvu qu’on arrête !
Que le rêve cesse!
Que les histoires prennent fin!

Le Mot de Radhuna, Bob, Fatima et Nemati

Au dessus de la mer

Pavi na pavi mayingou mabilé
Oujou nayi bahari
Tsi triya n’gazi natsi
Tsi yéwoha mbali na chivandré yatsi

Ka ouna nfano moro ounivoudzawa
Mrtoutou jingué la hamo
Tsilala moni na gombé
Bandzouha moni hangou roho ya péou

Traduction:
S’effiloche le bleu des cieux
Au dessus de la mer
Je m’y accroche et à mille lieux
M’envole hors de la terre

Curieux ce feu qui me brûle
Ecarlates flammes de peines
Je m’endors dans une bulle
Hors de mon coeur plein de haine

Le Mot de Tomy

Le président

Un coffre qui s’ouvre, un soleil de plomb typique du sud de la France,
Une photo qui fleure bon les étés des années 90’,
Le président est arrivé au poste de commandement,
Le jaune donne la note du polo aux chaussures,
Comme le soleil dans le ciel bleu azur,
Retour au boulot, retour au quotidien,
Bilic l’aura sorti du terrain mais leur étoile est aussi la sienne,
Véritable héros d’une fresque épique qui mit un pays en liesse,
Héroïque en pourfendant le golgoth paraguayen,
Le président dans la tempête quand l’adversaire était à nos portes,
De retour au port, les eaux sont plus calmes,
Retour à la routine et aux séances d’entraînement,
Être prêt pour faire vibrer un Vélodrome exigeant,
En face, le vrai supporter a pour lui la patience,

Attendre la prochaine rencontre, attendre la 90ème minute,
Attendre un changement, attendre un titre,
La patience ça se forge,
Pour ça il n’y a pas meilleure école que la sortie du centre d’entraînement,
Pour qui eut la chance enfant de trainer par-là connait déjà tout cela,
On fait les cent pas, on s’agace que les joueurs prennent du temps,
On s’assure que le stylo fonctionne,
On scrute la sortie comme on attend les artistes à la sortie du concert,
L’adrénaline de casser la distance, de voir de près ceux qui nous font rêver,
On rentre à la maison des pépites dans les yeux quand la pêche est bonne,
Et on met les crampons pour l’entraînement de l’après-midi.

Au-delà du rectangle vert et des tribunes bondées,
L’univers du football est fait de petits moments,
L’important n’étant pas le fait mais la signification de l’instant.

Le Mot de Andrés

Como Casiopea, ella camina al revés y despacio para avanzar velozmente. Sola, también acompaña al solitario. Bajo sus puentes, reflejos cristalinos centellean mecidos por las barcas en filas. Un verano azul en los cayos me faltó conocer, cuando los ves, no son sombrero, ni culebra. Son cuerpos fósil de titánicos seres que han tragado el ancestro de los mamuts, de esos mismos que Aníbal desembarco para cruzar los Alpes, desde la Provenza. Ciudad milenaria, mezclada en sus entrañas con cada uno de sus peregrinos. De carácter fuerte y anárquico inspiras gestas y fugas ¡intimidas con tu determinación! Tus demonios nos recuerdan la personalidad múltiple de un ente creador, tanto en tus senderos del subsuelo como los de tus cerros. Tan fría, tan fría, que quemas. Tan hirviente, hirviente que desplumas vivo a cualquier gallo con ínfulas de autoridad.

Casa del loco que construye midiendo con las sombras del humano al poniente, éste, quien pretende librar del recorrer a sus habitantes que a diario prefieren caminarla. Miles de senderos que tejen tal red de un paciente pescador, un artrópodo de los mares. Una cárcel de romance y un orgullo de marinero. Una ciudad de bienvenida, diversa en sus esquinas. De hospedaje para aristas impensables, de recovecos para bohemios y juglares. La ciudad del jabón milenario, el agua blanca dulce y azul de sal. Como no anhelar otra visita, y otra más. Eres la mejor amante que sola acompaña al solitario. Solo hay que mirar a ese horizonte de vientos mistrales para recordar tu potencia y tu soberanía sobre el tiempo.
Te recuerdo cómo amante ávido por volver.

Tuyo, pero no, Andrés.

Le Mot de Roger

Le Dernier Pêcheur

Le Dernier Pêcheur
Drame en 1 acte et 1 scène
Décor: Le Quai des Belges à Marseille

8 h 45, il fait froid , temps couvert

Le pêcheur: Je me suis levé à 2h du matin, j’ai travaillé toute la nuit et tout ce que je ramène ce sont ces trois petites daurades.

Les daurades: Quelle nuit… on aurait mieux fait de rester couchées.

Le client ( qui croit que la covid19 s’attrape par le menton ): Allez Gari dépêche toi de les écailler, je vois des militants Végan qui descendent par la rue Breteuil, on va se faire tordre.

La mouette: Et jette pas les tripes à la poubelle, moi je les mange avec plaisir.

Le pêcheur: Quelle belle journée !

Le Mot de Julie

Photographe indépendante, 30 ans.
Le petit Marseillais

Quelques morceaux de coton parsèment le drap percé d’étoiles que lui tend la nuit. Ivre de sommeil, Luna savoure le silence de la corniche et descend l’un des escaliers qui mène à Malmousque.

Ses tétons se dressent au contact de l’eau fraîche. Elle s’allonge sur d’invisibles filets et se laisse bercer par le clapotis des vagues. La cité s’endort et le marchand de sable s’éclipse. Il semble n’apercevoir ni Luna, ni l’homme qui part à sa rencontre, depuis le rivage.Leur corps frissonne de plaisir alors qu’ils s’enlacent, pour ce qu’ils pensent être la toute première fois. Les mains qui caressent le dos mouillé de Luna, les doigts fins qui pincent doucement sa peau, lui sont pourtant familiers.

Une poignée d’images remontent à la surface : un voilier dont l’unique table est jonchée de partitions pour piano et de livres d’occasion. En guise de petit déjeuner, des galettes de riz recouvertes de confiture de figues gorgées de soleil qu’il dépose à côté d’une tasse de thé brûlant. Face à la mer.Un petit coin de paradis qui flotte, au cœur de la Méditerranée.


Le Mot de Alan

Journaliste, 23 ans.
Cinéma Le Gyptis

Marseille ville de contraste. Dans la cité phocéenne, rares sont les artistes à ne pas trouver l’inspiration auprès de ses habitants hauts en couleur, son front de mer impressionnant, ses 1000 villages ou ses reliefs importants. À l’instar de l’artiste-photographe français JR venu coller devant l’emblématique cinéma Le Gyptis, à la Belle-de-Mai, tous sont marqués par cette ville cosmopolite dont les habitants sont si fiers. Pourtant, si la culture s’inspire de Marseille et vient à elle, la réciproque n’est pas forcément vraie. Hormis quelques lieux dont les noms sont familiers aux oreilles de tous comme le MuCem, la deuxième ville de France a longtemps connu un retard important en termes de lieux dédiés à la culture.

En train de rattraper son retard depuis, notamment, 2013 quand Marseille fut la brillante capitale européenne de la Culture, elle redécouvre également les cinémas. En dehors du célèbre Alhambra, à Saint-Henri dans le 16e arrondissement, ou du Gyptis, la capacité était très inférieure à celle des autres grandes villes françaises, surtout en matière de cinéma d’art et d’essai. Un comble d’avoir autant de cinémas aux rideaux fermés pour une commune quasi-voisine de La Ciotat où fut créé le cinéma par les Frères Lumières.

La réouverture, le 9 septembre 2020, du Gyptis après des mois à l’arrêt est un nouvel élan culturel pour Marseille, où pour beaucoup comme ce jeune, la vie se déroule essentiellement dans la rue, un lieu de partage, de convivialité, mais aussi d’ennui et de trafics.